Archive for février, 2008

Facebook m’a trahi

    Facebook est un univers particulièrement impitoyable. J’ai en effet fais le test, pour une fois que j’installe une application qu’on m’envoie, pour savoir “Quelle ville j’étais”.

Et la réponse:

“You are Paris, France!
You are a true romantic and a great lover. You are extremely fashionable and know how to look good, with a balanced blend of the old and the new. You are glamorous and enjoy luxury, but you are very versatile. At the same time, you have lots of depth and are full of passion and vivacity. “

Et oui, il paraît donc que je suis un vrai romantique (c’est pas faux cela dit) et un incroyable amant (mesdemoiselles si vous faîtes confiance à Facebook…). Je suis hyper à la mode et je sais comment bien m’habiller avec un bon équilibre entre l’ancien et le nouveau. Je suis glamour et j’apprécie le luxe, mais je suis très versatile. Dans le même temps j’ai des pensées profondes et je suis plein de passion et de vivacité. Donc je suis Paris. (C’était la petite traduction pour ceux qui n’aiment pas l’anglais.)

Ca me désole, mais le drame c’est que je me reconnais bien dans ce portrait (surtout pour la partie fringue si j’en crois mes relevés de carte bancaire -lol).

Et dire que ça fait trois jours que je réfléchis à un post moqueur sur ces parisiens qui viennent à la neige… Je peux plus maintenant que Facebook m’a trahi.

Et merde.

Posted by titou on février 26th, 2008

Espagne: La jeunesse espagnole bouleversera-t-elle l’Europe?

    L’Espagne s’apprête à se rendre aux urnes dans les prochains jours pour un scrutin aux enjeux essentiels pour l’Europe.

En effet, une victoire du socialiste José Luiz Zapatero, conduirait à une situation inédite sur la scène européenne en offrant à celui-ci une place incontestée de la gauche européenne. Depuis le retrait de Schröder et surtout Tony Blair, le leadership de la gauche européenne est rentré dans une période de latence. L’hésitation s’est faite sentir entre Prodi et Zapatero. Mais l’échec du premier en Italie à laisser la place libre au premier ministre espagnol.

Aussi, en cas de nouvelle victoire de Zapatero aux prochaines élections, celui-ci devrait prendre le leadership de la gauche européenne. Et ce faisant le rôle de principal leader européen tout court. Car en face la droite européenne est en pleine crise de leadership. Angela Merkel est fragilisée en Allemagne et les sorties de Nicolas Sarkozy sur la scène européenne (négociations peu appréciées avec les frères Kaczynski, critiques permanentes de Bruxelles dès qu’un problème se pose sur la scène française, critiques à l’égard de la BCE) l’ont profondément décrédibilisé auprès des autres leaders de la droite européenne. Sa dernière chance de s’imposer en Europe serait d’organiser une réforme profonde de la PAC dans un sens qui provoquerait le déblocage de l’épineux problème du budget européen. Mais ses dernières déclarations, confirmées et accentuées au Salon de l’Agriculture ne vont pas dans ce sens: le Président français souhaite effectivement une réforme profonde de la PAC, mais dans un sens qui soit favorable aux seuls intérêts français au détriment des intérêts des autres pays européens. Pire, en cas d’échec de l’adoption du mini-traité européen qui l’a conduit à se “coucher” devant les deux frères polonais peu avant leur déroute électorale, pourrait tout simplement l’éliminer de la scène européenne. D’une cela signifierait qu’il n’a pas été capable de suffisamment d’écoute de ces partenaires européens, et d’autre part, il lui faudra alors faire front à une forte contestation en France où il a décidé de faire adopter ce traité par voie parlementaire au détriment d’un référendum qui aurait été plus logique suite au rejet du précédent projet par le peuple français. En cas d’échec de l’adoption du nouveau mini-traité, le Président français aurait alors à répondre de ce déni de démocratie qui n’aura servi à rien et risque de lui couter cher dans ses propres rangs. Et cette hypothèse est plus que probable (notamment en Irlande). Dès lors, la droite européenne devrait continuer à se déchirer, la situation risquant même de s’empirer.

Dans ce contexte, une nouvelle victoire de Zapatero lui confèrerait le très enviable poste de “Premire leader européen”. Et à l’Espagne un rôle qu’elle n’a plus tenu depuis longtemps (deux siècles au moins).

C’est là un autre enjeu et non des moindre de cette élection. L’Espagne a enfin tourné la page de la dictature franquiste, malgré les dernières frasques de l’Eglise catholique dans le soutien qu’elle a apporté à d’anciens criminels et tortionnaires. Mais derrière ces conflits toujours prégnants dans la société espagnole, l’Espagne a réussi à rejoindre le wagon de tête de l’Europe en termes économiques. Certes, deux éléments font encore tâche d’huile (la consommation hors-norme de drogues dures et l’importance de l’économie souterraine qui continue de représenter 20% du PIB) et la croissance espagnole devrait logiquement ralentir son rattrapage étant achevé. Mais l’Espagne conserve de très bonnes armes. Notamment la possibilité de modifier facilement sa politique migratoire et ses réserves budgétaires. De plus, l’envolée des économies sud-amériaines renforcent et continueront de renforcer l’importance de l’Espagne sur la scène internationale. Enfin, en matière économique, le secteur des Hautes Technologies, devrait offrir à l’économie espagnole un relais salutaire. A l’heure actuelle, l’investissement des entreprises du secteur demeure relativement minable à 1,2% du PIB, faisant de l’Espagne un cancre en matière de nouvelles technologies, mais les grandes entreprises semblent vouloir faire enfin ancrer leur pays dans la High-Tech. Juste à temps pour remplacer le désormais en voie de consolidation secteur de l’immobilier.

Ce double phénomène s’il se produit, ie cette combinaison d’une Espagne redevenue forte avec à sa tête un leader qui serait en même temps le leader de l’Europe, conduirait à une situation inédite en Europe. Pour la première fois de sa jeune histoire, les moteurs européens ne seraient plus la France et l’Allemagne, mais l’Espagne avec probablement un second moteur en la personne de l’Irlande. Et cela, je l’espère devrait relancer fortement la dynamique de construction européenne. Mais il faudra pour cela, que les espagnols eux-mêmes prennent conscience de leur nouvelle importance sur la scène internationale et cessent de regarder vers leur passé franquiste. Rien n’est moins sûr tant l’Espagne a, par le passé, raté de nombreuses occasions de briller alors qu’elle en avait l’opportunité historique.

Toutefois, pour l’heure ce scénario dépend surtout des élections législatives qui se tiendront le 9 mars, “conjointement” avec les municipales et les cantonales françaises (un dimanche de rêve en quelque sorte). Et si l’issue générale du scrutin ne fait plus guère de doute, le PSOE étant plus à même de s’allier avec les catalans (CiU et ERC) que le PP de Rajoy, et donc de conserver le gouvernement, l’ampleur de la victoire demeure incertaine.

En la matière le scrutin s’annonce relativement clair sur la plupart des couches de la population. Sauf une qui sera déterminante. Il s’agit en effet de la jeunesse. Celle-ci se revendique très majoritairement de gauche. Mais le danger qui menace Zapatero est le rsque abstentionniste de cet électorat “insouciant”. Si la jeunesse espagnole se mobilise elle pourrait donner au PSOE et à Zapatero une très confortable majorité, voire dans le cas le plus extrême, mais improbable,  la majorité absolue.  Dans le cas contraire, elle fragilisera son actuel et probable futur Premier ministre, et l’empêchera ou en tout cas lui nuira, dans sa capacité à prendre le leadership européen, et avec celui-ci un éventuel leadership (toujours soumis à une prise de conscience du nouveau rôle de l’Espagne par son peuple) de l’Espagne en Europe.

C’est donc la question que je me pose ce soir: la jeunesse espagnole bouleversera-t-elle l’Europe? Et si oui, le reste de son pays la suivra-t-elle?

Je suis impatient d’être au 9 mars au soir….

Posted by titou on février 25th, 2008

Cinéma d’arts et d’essais: L’art de vivre en face

    Les cinémas d’arts et d’essais ont une singularité très étrange. Ils sont quelque peu paradoxaux. En effet, leur objectif central est de présenter des films intellectuels au public en essayant de trouver des perles que personne n’est censé connaître. Bref, leur gérant sont supposés être d’incroyables découvreurs. Mais dans le même temps leur programmation est incroyablement prévisible.

Ce soir, c’est les Oscars, avant-hier c’était les Césars. Et voilà comment je sais quelle sera la programmation du cinéma d’arts et d’essais en face duquel je vis.

C’est bien simple, ce cinéma a la fâcheuse habitude de toujours projeter l’ensemble des vainqueurs de prix prestigieux: Cannes, Berlin, Césars et Oscars en tête (sauf les films X qui eux sont projetés dans le cinéma spécialiste du coin. Cela dit le propriétaire du cinéma d’arts et d’essais est presque toujours le même que celui du cinéma porno.).

Mais le drame tient à la très mauvaise répartition de ces évènements dans le temps. Berlin vient à peine de finir que se succèdent coup sur coup Césars et Oscars. Aussi mon petit cinéma (7 salles quand même) est bien embarrassé pour projeter tous les films de l’Ours avant de passer aux petites statuettes dorées.

Ensuite, il lui faut attendre près de 4 mois avant de retrouver un nouveau flôt de films super géniaux et très intelligents à diffuser.

Heureusement, ce soir, ils auront beaucoup à manger. D’ailleurs, par mesure de précaution, ils ont déjà décidé de ressortir La Môme. Mais quid des autres films des trois prochains mois? Et bien croyez-moi je n’irais pas chercher cette programmation très loin, tout le monde en parlera demain.

Mais j’avoue mon inquiétude extrême surtout quand je vois la catégorie des nominés pour le meilleur film étranger. J’ai vraiment peur de voir la victoire d’un film kazakh qui sera diffusé en VO sous-titré en tchèque (non, je rigole pas, il y a deux ans je me suis ainsi tapé un film palestinien en palestinien sous-titré en russe!!! J’ai rien compris….). Pourrais-je seulement comprendre les affiches? Les critiques que mon gentil cinéma affiche traditionnellement à côté des affiches seront-elles en français? En espagnol? En maori?

C’est un art, je vous jure, que de vivre en face d’un tel cinéma. Vous ne comprenez rien. Mais une chose vous rassure. Les spectateurs non plus. Et c’est une de mes vraies joies quotidiennes de voir tous ces gens qui sortent du cinéma. La difficulté pour eux est de toujours sortir en premier. Car le premier qui sort d’un cinéma est toujours celui qui se retourne pour demander: “et toi, tu en as pensé quoi?” Ouf, c’est l’autre qui va devoir expliquer le film. Après ils pourront à l’heure tour donner une explication du film plus fine en reprenant les éléments qu’ils n’avaient pas compris mais que leur ami lui ont expliqué. Et ainsi paraître plus intelligents. Le premier qui sort d’un cinéma d’art et d’essai est dans un groupe, toujours le plus intelligent.

Sauf dans un cas. Car celui qui habite en face sait toujours repérer le groupe de ceux qui viennent voir un film pour faire plaisir à leur ami étranger. Et celui-ci s’évertue toujours, se sentant quelque peu coupable d’avoir infliger une telle souffrance à ses proches, de traduire les passages importants du film à la fin. Et c’est toujours lui qui paraît le plus intelligent.
Mais tous ces gens ne sont pas des artistes. Car de ces discussions improvisées sous les plus beaux baisers du cinéma tombent toujours dans l’oreille de celui qui fait pisser son chien sur le parcmètre situé à côté de la sortie du cinéma.

Et celui-là ira à son tour voir le film avec un ami. Il sortira aussi le premier pour avoir les idées de ces amis. Et comme en plus il avait déjà compris le film avant d’aller le voir, il pourra faire croire qu’il a tout compris.. Même l’affiche. Et même les dialogues.

Vivre en face d’un cinéma d’arts et d’essais est un art. Le maitrisez-vous?

Posted by titou on février 24th, 2008

Facebook et mails: la suite du grand ménage

    J’ai entrepris ces derniers temps un effort majeur de rationalisation de mes activités sur le Web. Le premier gros travail, que j’ai initié suite à une sollicitation extérieure, a consisté en la réorganisation de mes flux RSS. J’ai décidé de me séparer d’un certain nombre de flux morts (et je pense faire le tri à l’avenir des flux morts ou presque mort, ie des essentiellement des blogs qui publient moins d’un article tous les deux jours tous les mois). Puis j’ai réorganisé les flux existants d’une manière nettement plus efficace. Rentrant ce soir d’un long périple, et après avoir été éloigné près de 20 heures de toute connection Internet, j’avais accumulé près de 1200 posts à lire. Bigre me disais-je alors, voilà une tâche bien ardue que de lire tout cela. Mais non, mon nouveau système d’archivage m’a permis de faire le tri en moins d’une demi-heure, ce qui est parfait.

Sur cette belle lancée, j’ai donc d’ici de m’attaquer à d’autres sources chronophages. La première a été ma boîte mail. J’en ai plus que marre d’être dérangé toutes les cinq minutes par des newsletters que je ne lis jamais de toute façon. Donc, j’ai entrepris une vaste opération de désabonnement. Et ça fait du bien.

Malheureusement, un horrible monstre persistait à me tourmenter: Facebook. Je ne sais pas combien de fois par jour ce cher individu m’envoie de mails, mais le nombre est assez impressionnant. J’ai donc enfin pris une résolution radicale: la suppression des notifications. Il y a en effet un petit onglet “notifications” dans le menu “account” où il est possible de désactiver toutes les notifications par e-mail de Facebook. Et j’ai pris un malin plaisir est les supprimer une à une, application par application. Je n’ai même pas cherché à voir s’il y avait un bouton permettant de tout sélectionner tant ma volonté de vaincre Facebook était puissante.

Je me sens nettement plus léger ce soir.

Posted by titou on février 23rd, 2008

En vrac

Bon là je suis dans un cybercafé en Belgique parce que manifestement le wifi ils connaissent pas (du moins la gérante de mon hôtel n’en avait jamais entendu parler).

Il semble qu’il y ait une forte fracture numérique quand on franchit la frontière.

Sinon, I just wanted to wish Olivia Waters an Happy Bithday. I love her a show on Mobuzz. Thanks Olivia, and enjoy your day.

Posted by titou on février 21st, 2008

A la découverte de StickK

    J’ai lu un billet de Techcrunch hier qui m’a beaucoup intéressé. Il s’agit d’un nouveau site au concept assez sympa. L’objectif est de mettre un contrat sur votre tête. Bon je sais au début ça m’a fait pareil. J’ai eu l’impression que les types voulaient que je loue les services de tueurs à gage pour m’abattre. Et là je me suis dit qu’ils étaient fous.

    Mais ma curiosité légendaire triompha une fois encore de ma non moins légendaire trouille. Aussi j’ai décidé de partir à la découverte de StickK.

    StickK est un site très intéressant dans son concept. L’idée est de passer un contrat avec le site vous engageant à réaliser une action (classiquement arrêter la clope, vous remettre au sport ou encore perdre vos kilos superflus). Mais là où le site va plus loin, c’est qu’il crée une contrainte en cas d’échec : si vous ne tenez pas vos engagements, vous devrez payer une somme que vous aurez décidé lors de l’inscription.

    Il faut pour bien tout comprendre savoir que les hommes derrière le site sont des chercheurs qui ont simplement décidé d’utiliser un processus psychologique classique. Depuis William James, nous savons que la volonté est intimement liée à la conscience d’une exigence sociale. Il est ainsi plus facile de se lever du lit le matin pour aller travailler (cas où il existe un exigence sociale) que de s’arrêter de fumer (cas où l’individu est confronté à lui-même). Et c’est cette découverte du chercheur d’Harvard que les économistes de Yale ont décidé de mettre en œuvre.

    En effet, pour s’assurer que vous teniez votre engagement, le site vous demande au préalable de choisir un arbitre qui tranchera si oui ou non vos tenez vos engagements.

    La pression sociale est donc forte. Et comme j’avais, il y a quelques années, eu une idée similaire, et bien j’ai eu envie d’en savoir plus et de tester le site pour vous.

    Le site est plutôt accueillant. Les couleurs sont dynamiques (ce qui est motivant) sans être agressives. J’ai particulièrement aimé la petite colonne de gauche qui fournit des idées de « commitments » (autrement dit de contrats potentiels). De plus, le site a dores et déjà créé des espaces communautaires sur trois types de contrats majeurs (arrêter de fumer, reprendre l’exercice et perdre du poids) dans lesquels pourront se retrouver et se soutenir mutuellement ceux qui auront fait le choix de ces engagements.

    Je me suis donc lancé dans l’inscription. Celle-ci est relativement simple (sauf que le menu déroulant des années de naissance qui commence en 1900, c’est pas top).

    Vous êtes invité à saisir votre engagement et à définir la durée sur laquelle vous voulez qu’il court.

    Ensuite, c’est là que les choses deviennent vraiment sympatoches.

    En effet, le site vous demande alors de choisir le montant que vous souhaitez donner et à qui. Plusieurs choix sont possibles : œuvres caritatives, œuvres anti caritatives ou un ami.

    En gros, si vous voulez vraiment vous forcer, mettez œuvres anti caritatives, comme ça l’argent ira à quelqu’un que vous n’aimez pas et comme vous ne voudrez pas lui donner, vous ferez tout pour réussir.

    Bon, perso, ce n’est pas le choix que j’ai fait. J’ai choisi œuvre caritative d’autant que j’aime bien le panel proposé par le site. Mais attention aux indécis, ce choix peut s’avérer à double tranchant : en effet, psychologiquement vous vous dîtes que si vous échouez l’argent ira à des gens bien, donc vous aurez sauver les meubles. Et inversement, quand il faut se mettre à l’effort, vous vous direz que c’est pas bien de réussir votre projet parce que du coup vous ne « volerez » de l’argent à de nobles causes. Mais ne vous inquiétez pas trop, le site est bien fichu pour ça. Par exemple, pour l’engagement « arrêter de fumer », en cas d’échec l’argent ira à des organismes comme La Ligue contre le Cancer. Et soyons honnête, la Ligue contre le Cancer préfère 100 fois que vous arrêtiez de fumer que de toucher votre argent, vu que justement elle dépense son argent à essayer de vous faire arrêter de fumer….Malin, non ?

    Ensuite, vient la question la plus dure : choisir votre arbitre. Et là c’est pas facile. Il faut déjà trouver quelqu’un qui pourra effectivement évaluer vos efforts et résultats (par exemple le cousin londonien ne pourra pas raisonnablement s’assurer que vous passez une heure à la piscine chaque semaine si vous êtes à Paris). Ensuite, il faut que ce soit quelqu’un en qui vous ayez confiance, voire doublement confiance. Il faut déjà que ce soit quelqu’un avec qui vous acceptiez de partager votre engagement, et ce n’est pas si simple (imaginez que votre objectif soit de perdre trois tours de taille, est-ce que vous accepteriez de demander à vos amis de vous le mesurer toutes les semaines ?). Ensuite, il faut aussi avoir confiance au niveau du sérieux de la personne. Evitez à tout prix de prendre quelqu’un qui est toujours d’accord avec vous et qui validera ce que vous faîtes sans objectivité. Bref, soit vous prenez quelqu’un qui vous connaît peu et qui se fiche pas mal de vous déplaire en vous sanctionnant, soit vous choisissez un véritable ami, de ceux qui comme Lynette avec Brye dans Desperate Housewives, n’hésitent pas à vous montrez vos erreurs plutôt qu’à vous laisser vous enfoncer. C’est pas si simple. Et puis, il faut enfin que votre arbitre accepte sa mission. Certes le site lui envoie un mail lui demandant s’il accepte (je me demande à quoi peut bien ressembler le mail.Je verrais bien un truc du genre « Titou sollicite votre aide pour une mission de la plus haute importance. Votre mission si vous l’acceptez sera de l’arbitrer dans son engagement… Ce mail s’auto détruira dans 5 seconces », mais je suis pas sûr que ce soit aussi classe), mais je pense qu’il est préférable de lui demander avant de lancer votre engagement.

    Bref, j’ai réussi à trouver mon engagement et surtout mon arbitre qui est le meilleur j’en suis sûr.

    A partir de là j’ai pu valider mon engagement. Ou presque. Parce que le site vous demande si vous voulez des supporters. Et là j’ai tenté un truc un peu bizarre. J’ai inscrit mon arbitre comme supporter. Et ça marche. Comme ça après si je foire tout, je pourrais toujours me retourner contre mon arbitre en lui disant qu’il n’avait pas le droit de me sanctionner parce que si j’ai échoué c’est à cause de lui parce qu’il ne m’aura pas assez soutenu ! Je sais c’est vicieux, mais c’est peut-être une des limites du site. D’ailleurs je me suis du coup demandé si il serait possible de verser l’argent à son arbitre. Comme ça on peut être sûr que quelque soit les efforts qu’on fera, on sera sanctionné, histoire que l’arbitre empoche les sous.

    Bref, je ne suis pas sûr que tout soit prévu pour contourner la corruption arbitrale. D’ailleurs une dernière possibilité de corruption existe. Celle-ci est très basique en fait. Il suffit de convaincre votre arbitre d’accepter de valider systématiquement vos résultats en échange d’un cadeau (un dîner au resto par exemple) moins coûteux que votre pari. Certes vous y perdrez, mais moins. Cela étant dit, je crois que je vais m’amuser à tester la résistance nerveuse de mon arbitre – lol. Il va souffrir – lol.

    Après ce petit remplissage, le site vous demande validation et précise certains termes très intéressants du contrat :

  • Vous ne pourrez plus changer d’arbitre. Autrement dit si votre arbitre est un insupportable incorruptible, vous êtes bon pour aller au bout de vos engagements ou payer.
  • Vous ne pouvez pas modifier les termes de votre contrat après ce clic fatidique (en fait le seul cas où vous pouvez le faire est celui d’une maladie qui vous empêcherait de tenir vos engagements, mais dans ce cas, il vous faut envoyer un certificat médical au site !!! c’est dire les efforts déployés pour vous assurer que vous ne vous trahirez pas vous-même).

Par ailleurs votre échec est défini par trois éléments :

1°) Vous abandonnez et le signaler au site (bouh ! c’est pas bien)

2°) Votre arbitre vous sanctionne

3°) Vous n’avez pas répondu dans les 72 heures suivant votre moment de contrôle (vous définissez en effet une fréquence de contrôle, soit avec un contrat « one shot » où l’analyse se fait à la fin, soit où l’évaluation est au fur et à mesure. J’ai opté pour l’évaluation toutes les semaines).

Bref, la seule faille du système que j’ai détecté pour le moment c’est ce fichu d’arbitre qu’il va falloir arriver à corrompre par tous les moyens.

Enfin, pour tout compléter, il ne vous reste plus qu’à payer sur un compte paypal votre engagement financier. Comme ça ils débitent ce compte à chaque échec rapporté par votre arbitre et vous remboursent la différence à la fin. Donc pas moyen de gruger en disant « de toute façon si je foire à la fin j’ai qu’à pas payer ». Non, non, non, mon bon monsieur, vous êtes fait comme un rat.

    Je vous l’ai dit, la seule faille c’est votre arbitre. Donc si vous voulez réussir l’expérience, choissez bien votre arbitre. Quand je disais toute à l’heure que le choix de votre arbitre relevait de la pure question de confiance, je vous mentais pas.

    Bref, à l’issue de cette procédure vous voilà engagé (engagez-vous, rengagez-vous qu’ils disaient). Et le plus incroyable c’est que le site est gratuit et que tout l’argent que vous versez en cas d’échec va aux associations de votre choix. Vous vous demandez sûrement comment ils font pour vivre alors ? Et ben la réponse officielle c’est la pub. Mais la réponse à Bibi, c’est que comme vous payez d’avance et qu’ils vous remboursent ensuite, cela leur donne une vraie trésorerie qu’il est possible de placer entre temps pour la faire fructifier. Et comme les deux gaillards sont des économistes de Yale, je ne me fais pas de soucis sur le fait que c’est ce qu’ils ont prévu de faire. Malin, non ?

    Bref, la seule ombre au tableau pour l’instant, c’est que le contrat prend effet immédiat et qu’il n’est pas possible de fixer la date à laquelle vous voulez démarrer (c’est dommage vu la grande qualité du site), il me faut donc réussir ma première échéance d’ici mercredi prochain….aïe aïe aïe….

    Du coup, je vous laisse, j’ai du pain sur la planche. Promis je vous tient au courant de l’évolution des découvertes que je ferais sur StickK.

Posted by titou on février 20th, 2008

OPA de Microsoft sur Yahoo : faire le point

    Je suis effaré du nombre de posts tous plus débiles les uns que les autres concernant l’OPA de Microsoft sur Yahoo. Il ne se passe pas une journée sans que les blogs n’émettent une quantité impressionnante de commentaires sur cette OPA. Globalement les « analyses » oscillent entre le fait de savoir si Microsoft est en train de réussir son pari ou au contraire en train d’échouer.

    Et certains blogs ou sites n’hésitent pas à annoncer successivement, et parfois dans la même journée, les deux hypothèses pourtant contradictoires. La palme en la matière revient sans aucun conteste à Valleywag.

    Aujourd’hui je me suis éclaté à lire leur article sur le probable échec du proxy contest lancé par Microsoft sur Yahoo. L’argument massue de Valleywag ? Et bien d’après le WSJ, seuls 5 des 27 proxy menés depuis 2001 ont réussi. Ou comment sortir des statistiques pour faire semblant d’avoir l’air intelligent.

    En effet, une analyse plus approfondie devrait conduire à de nombreux soupçons. En effet, alors que Microsoft avait annoncé sa volonté de relever son offre dès le début, ils ont nettement fait marche arrière. Et cette reculade, comme nous l’a si bien expliqué Valleywag itself tient au simple fait qu’un grand nombre d’actionnaires de Microsoft sont aussi actionnaires de Yahoo. Mais ils ont plus de part chez Microsoft que chez Yahoo. Autrement dit, une hausse de l’offre de Microsoft sur Yahoo aurait pour effet de diluer leur part au profit de l’équipe managériale de Yahoo et des actionnaires de Yahoo qui ne sont pas dans le même temps actionnaires de Microsoft.

    La question à ce stade est donc d’analyser le poids relatif des uns et des autres. En effet, une réflexion efficace pour évaluer les chances de réussite du proxy de Microsoft sur Yahoo serait :

1°) D’établir la liste des actionnaires respectifs de Yahoo et Microsoft.

2°) D’établir la zone de recouvrement entre ces deux zones.

3°) Il faudrait estimer la part que cette zone de recouvrement représente dans le total des actionnaires, mais surtout des voix chez Yahoo. Pour les raisons précédemment citées, on peut légitimement supposer que 80% de ces voix iraient en faveur de l’OPA (je prends une marge de sécurité très large de 20% correspondant à des actionnaires ayant investi avec une stratégie de diversification de panier. Même si je crois qu’à ce stade avancé, il ne doit plus y en avoir beaucoup).

4°) Ensuite, on sait que deux actions en justice ont été lancée par des actionnaires contre les dirigeants de Yahoo pour avoir rejeter les deux offres de Microsoft. Là encore, il faut opérer un calcul de zone de recouvrement pour évaluer le nombre d’actionnaires uniques dores et déjà engagés dans une action contre la direction de Yahoo.

5°) Il faudrait ensuite recouper ce nouvel ensemble avec celui précédemment défini sur les actionnaires qui le sont de Microsoft et de Yahoo.

6°) Il faudrait alors additionner tous ces sous-ensembles bien distincts pour évaluer le nombre d’actionnaires de Yahoo qui sont déjà favorables à l’OPA de Microsoft sur Yahoo au prix actuel.

    A vue de nez je pense que ce total doit se situer quelque part entre 30% et 40% des actionnaires de Yahoo. Mais ce chiffre n’est évidemment pas vérifié, vu que je viens de détailler comment il faudrait faire pour le déterminer.

    Ensuite, après avoir déterminé ce noyau dur d’actionnaires dont on peut très raisonnablement qu’il fera tout pour que le proxy réussisse, il faudrait analyser la probabilité que les autres ont de faire le jeu de Microsoft.

    Pour cela, trois pistes sont possibles :

  • Une enquête en les interrogeant. A mon avis, si vous le faîtes ils ne vous répondront pas. C’est des financiers, pas des people !
  • Analyser la part des nouveaux entrants. En effet, suite à l’annonce officielle de l’OPA, un certain nombre d’actions de Yahoo ont changé de mains pour aller dans celles de fonds d’investissement qui sont logiquement favorables à l’OPA à ce prix, même si avoir un peu plus ne les dérangeraient pas (encore que là encore il faut exclure de ces nouveaux entrants ceux qui sont aussi actionnaires chez Microsoft et qui donc sont favorables à cette OPA à ce prix-là).
  • Pour les derniers actionnaires restant, le travail est beaucoup plus ardu. Il faut là analyser leur comportement d’investissement passé et la structure de leur portefeuille pour bien comprendre où se trouve leur intérêt. Cela dit je pense que très majoritairement, leur intérêt doit se trouver dans l’acceptation de l’offre.

    Dès lors, à la suite de ce travail qui ne doit pas prendre plus de 3 ou 4 heures, on doit avoir une bonne idée du nombre d’actionnaires et de voix que Microsoft peut raisonnablement espérer obtenir dans ce proxy.

    Ensuite, l’ultime étape pour arrêter de dire des conneries, consiste à analyser la structure de vote au CA de Yahoo. Ou plus exactement, les structures de vote. Car il y a deux scrutins différents à prendre en compte.

    Le premier est celui du nombre d’actionnaires. En effet, suivant que l’on a à faire à un scrutin de liste, à un ou deux tours, ou à d’autres modes de scrutin, le nombre d’administrateurs favorables à l’OPA de Microsoft peut sensiblement varier (rappelez-vous les législatives de 1986 en France).

    Le second scrutin à analyser est celui du vote des administrateurs face à la prochaine offre de Microsoft. En effet, la question est de savoir ce que prévoient les statuts de Yahoo concernant les procédures de rachat : Un article particulier existe-t-il ? Faut-il 50% des voix ou les 2/3 ? Car s’il faut 50% des voix je suis prêt à parier qu’ils les auront. Par contre pour un vote aux 2/3 je suis plus dubitatif.

    Ah oui, un dernier point à analyser serait évidemment de voir les candidatures aux postes d’administrateurs chez Yahoo. Et là encore l’analyse est intéressante. Déjà un certain nombre d’opposants à l’OPA ont quitté Yahoo ces derniers jours. Donc seuls restent les opposants radicaux qui préfèrent mourir que d’abdiquer, et ceux qui n’en ont rien à foutre ou sont plutôt favorables à l’offre. Mais globalement le CA actuel pris dans son ensemble a basculé dans un sens plus favorable à l’OPA, vu que la zone des opposants intermédiaires s’est amoindrie.

    Donc il y aurait dorénavant une probabilité assez forte de voir les candidatures d’opposants à l’OPA diminuer. En effet, ceux qui seraient susceptibles de rejeter l’offre de Microsoft doivent réfléchir aux conséquences en cas de victoire de Microsoft. Leur tête sera demandée et obtenue. Donc si les opposants potentiels, mais pas très sûrs d’eux ont l’impression que Microsoft gagnera inéluctablement, ils pourraient tout simplement refuser de se présenter. Au quel cas, ils assureraient de fait la victoire de Microsoft, faute de combattants adverses. C’est ni plus ni moins ce que l’on nomme très prosaïquement une prophétie auto réalisatrice à laquelle on aurait alors à faire face.

    Et ces deux informations doivent facilement se trouver dans les statuts de Yahoo, publics vu que Yahoo est côté.

    Donc à défaut de m’apporter des réponses précises aux questions ci-dessus, seules dignes d’intérêt pour évaluer sérieusement la situation actuelle de l’opération, je crois que je ne lirais plus aucun article concernant cette OPA jusqu’au 14 mars, date à laquelle le proxy prendra de toute façon fin.

    Pour l’heure, à l’instar du NYT, je considère que c’est sans aucun doute l’une des OPA les plus chiantes du monde, tant tout se déroule exactement comme prévu. Je maintiens donc mon analyse selon laquelle cette OPA se fera (parce que même en cas d’échec à mon avis peu probable sur ce proxy, Microsoft pourra transformée son OPA agressive en OPA purement hostile) et ne veut plus d’articles à deux balles sur le sujet.

    Pitié amis journalistes du Web, offrez-nous une analyse digne de ce nom ! Ou arrêtez de nous parler de cette OPA!

Posted by titou on février 20th, 2008

L’histoire commence demain.

    La plupart des blogs commencent par un premier post expliquant les raisons plus ou moins farfelues qui ont présidées à leur Création quasi mystique et religieuse. Chacun y va de sa petite réponse à la question: Pourquoi écrire un blog?

    Étonnamment, tous éprouvent la plus grande difficulté à donner une explication un temps soit peu rationnelle.

    Pour ma part, je n’éprouve aucune difficulté à répondre à cette question pour la simple et bonne raison que l’écriture est comme le vote: un geste irrationnel a priori que l’on cherche toujours à justifier a postériori. Car c’est bien de cela qu’il s’agit: d’une justification que l’auteur du blog fournit à son lecteur, comme si ce même auteur se sentant coupable d’écrire devait s’en excuser. Pour ma part je ne plaide pas coupable.

    J’aurais donc tout le temps de fournir et de construire des histoires aussi diverses et variées pour expliquer ultérieurement la création de ce blog. C’est un privilège dont je ne veux pas me départir. Celui de pouvoir éternellement mentir sur la genèse de ce blog. Ce droit de perpétuellement changer de version quant à sa naissance. Ce pouvoir simplement d’en ignorer tout mais d’en parler quand même.

    L’histoire appartient à ceux qui la rêve.

Posted by titou on février 20th, 2008