[Mobuzz spéciale] Madrid, le temps s’arrête Part III
Madrid, un sentiment renaît
Je découvre Madrid de la façon que j’aime le plus. Par la vitre d’un taxi. Le chauffeur est sympa. Il ne parle pas français lui non plus. Ni anglais. Mais il essaie de m’expliquer quelques petites choses. Je savoure l’architecture des bâtiments. Ces formes carrées, profondément longitudinales, s’achevant par des angles arrondis.
Je suis surpris par les couleurs. Les bâtiments offrent la beauté colorée que je leur imaginais. Mais cette verdure je ne l’avais pas imaginé. Tout à Madrid est couleur : le ciel, les bâtiments et les espaces. Madrid quelque part c’est l’inverse de Paris. Paris tient sa superbe de ses majestueux immeubles et d’une maîtrise systématique de la nature. Tout semble être sous contrôle. Mais tout est gris. Madrid tout semble bordélique, mais tout est vivant et coloré. Deux capitales, deux identités opposées. Il ne manque dans le fond à Madrid que le paysage. Il faudra réfléchir un jour à y délocaliser les Pyrénées.
Pas mal de choses vont m’étonner durant ce trop bref séjour. La facilité de déplacements tout d’abord. Le trafic bien que dense est fluide. Je craignais des bouchons insurmontables. Mais rien. Les taxis pullulent, le métro est propre et chose inimaginable à Paris, coloré (oui, oui, c’est possible, les couloirs du métro ne sont pas obligés d’être peints en gris et marron. Le jaune fait très bien l’affaire par exemple). La fréquence des rames est surprenante. Et le prix indécemment bas. Les rues sont propres, pas autant qu’à Singapour certes, mais pour une capitale de cette taille… c’est bluffant. Je me demande sur quoi les écologistes madrilènes peuvent bien se battre….Y-a-til seulement des écolos en Espagne ?
Chance suprême, les élections législatives, sans doute les élections les plus importantes pour l’Europe (voir ici) allaient se tenir. J’allais encore pouvoir découvrir comment un pays menait campagne. Un jour il faudra que je compare tous ces modèles. En Espagne, c’est marrant. Les affiches sont très colorées, mais d’une simplicité déconcertante pour des campagnes d’un tel enjeu. Un visage, un slogan. Et c’est tout. Tout le reste tient à la diffusion : panneaux géants, kiosques, etc. Et évidemment je me suis rendu chez un buraliste où j’ai piqué une idée géniale. Un package de caricatures : les deux candidats présentés côte à côte, des visages de guignols, les slogans manifestement détournés. Ce buraliste avait le sens de la présentation.
Quant aux habitants. J’ai déjà parlé de l’accueil qui m’a été fait à l’aéroport. Le reste viendra plus tard.
Puis, le temps passant, j’ai décidé de pousser mes investigations plus loin. Madrid avait passé tous ces examens avec réussite. Il fallait bien la soumettre à l’ultime test : celui du ventre. Brisbane ne l’a jamais passé. L’occasion pour Madrid de prendre la tête malgré un score légèrement inférieur à ce stade. Résultat sans appel : les madrilènes savent faire de la bonne cuisine ! Une victoire par KO. Un grand merci à Osiris pour la découverte d’un sandwich succulent dont j’ai oublié le nom. Et à Anil pour les plats offerts lors de la soirée. Un régal. Voilà qui me donne de nouvelles idées pour renouveler mes repas. Si j’apprends assez vite je pourrais même envisager de battre mon cousin aux fourneaux.
Madrid m’a vraiment bluffé, même si je n’ai pas eu le temps d’en profiter beaucoup. Je n’avais pas ressenti ce sentiment depuis ma découverte de Brisbane. J’ai toujours fantasmé trois pays. J’en ai vu deux. Et les deux sont allés au-delà de mes espoirs. 11 après Madrid a réveillé un sentiment oublié. Le sentiment de découvrir que parfois la réalité est plus belle que ce que l’imagination permet de rêver.