Archive for avril, 2008

Une grande fierté

Voilà je tenais à rédiger un petit post au sujet d’une amie qui m’a fait énormément plaisir le week-end dernier. C’est aussi un bilan que je souhaitais faire sur une des plus grande expérience de ma vie et les enseignements que j’en ai tiré.

J’ai en effet eu le plaisir pendant trois longues années de diriger une Association Sportive relativement importante qui prend part chaque année à la principale manifestation sportive étudiante de France en terme de nombre de participants. Au cours de mon dernier mandat j’ai moi-même eu l’honneur de présider aux destinées de cette manifestation.

Durant ces trois années j’ai remporté beaucoup de succès et connu aussi une lourde défaite. Mais le bilan final reste très bon normalement avec une double réussite lors du dernier mandat.

Beaucoup me félicitent encore aujourd’hui pour cela. Mais peu savent que ma plus grande fierté n’est pas là. Elle tient bien davantage aux personnes formidables avec lesquelles j’ai eu la chance de travailler et qui ont réussi à réaliser des prouesses tout simplement ahurissantes à l’origine de ces victoires.

Parmi toutes ces personnes l’une d’entre elle a ma préférence. Et pour cause. Après être arrivée dans mon équipe sans même que je le sache et presque contre mon gré, elle a rapidement prouvé de grande qualités malgré son manque totale d’expérience. Sens intuitif de l’organisation, capacité rapide à comprendre l’équilibre à maintenir entre les volontés de ceux que l’on représente et les contraintes extérieures, et fort volontarisme. C’est d’ailleurs ce premier point dont j’ai pris conscience le plus tôt. En fait je l’ai réalisé dès la première réunion. La demoiselle posait alors des questions dès qu’elle ne comprenait pas et cherchait dès qu’elle le pouvait à apporter ses idées, mêmes si parfois celles-ci pouvaient tomber un peu à côté de la plaque justement parce qu’elle ne connaissait pas encore bien le projet. Peu importe elle a toujours persévéré pour essayer de faire avancer les choses. Ce jour-là j’étais content d’avoir quelqu’un d’aussi engagé dans mon équipe.

Mais deux mois plus tard j’allais comprendre que j’avais son la main une perle rare. Lors d’un débat sur le toujours épineux sujet de la question budgétaire, j’ai dû faire usage de mon droit de veto pour la seule fois en trois ans. Un désaccord majeur entre un Président isolé et l’ensemble de son équipe. Un problème de financement par les banques qui nous aurait contraint à rompre un contrat avec un partenaire et donc à nous exposer à des poursuites judiciaires. Je n’avais donc pas beaucoup de choix que d’aller au conflit le plus brutal qui soit en faisant usage de ce veto.

C’est ce jour là que la demoiselle est sans aucun doute devenue ma protégée. Elle a rapidement compris l’importance du respect de la parole donnée vis-à-vis de l’extérieur et des obligations que je devais faire respecter même si elles me déplaisaient. Une fois la réunion terminée évidemment dans un mauvais climat, les membres de l’équipe ont évidemment poursuivi le débat sans moi.

Mais c’est la demoiselle au milieu d’une équipe exclusivement masculine par ailleurs qui s’est chargée de calmer le jeu et d’expliquer le message que dans le fond je n’avais pas réussi à bien faire passer. Et elle a réussi à remettre dans le droit chemin certaines fortes têtes. Du très bon travail.

En fait de l’excellent travail car il a prouvé deux qualités : l’une celle de comprendre qu’une équipe travaillait sous la contrainte d’un environnement extérieur que l’équipe devait bon gré, mal gré intégrée même si elle n’y était pas toujours en contact. L’autre c’est évidemment la capacité à transmettre un message difficile à une équipe pas facile.

Les mois suivants lui ont rapidement permis de prendre du galon en apprenant à aussi aller se battre face aux gens que l’on représente à leur expliquer les raisons de nos choix, tout en faisant remonter leurs demandes et attentes pour continuer à essayer de faire toujours mieux à leur service.

Je n’ai pas eu de mal à comprendre que je tenais probablement là ma remplaçante. Je l’ai donc intégré à mon écurie et elle est devenue ma pouliche reine (autrement parmi mes poulains celle sur laquelle j’ai fondé le plus d’espoir). Aussi c’est un élevage au grain que je lui ai fourni, l’invitant parfois à des réunions où elle n’avait pourtant pas sa place juste pour qu’elle apprenne. Répondant bien évidemment à toutes ses questions bien évidemment. Et la testant dans des situations difficiles. Je lui ai fait, ainsi qu’à mon second poulain, un coup franchement vachard en les envoyant s’exprimer publiquement dans une de ces situations dont on ne comprend pas la complexité tant qu’on ne les a pas vécu.

C’était lors de la remise des prix de la fameuse compétition sportive. Dans cette situation il faut la plupart des gens souhaitent s’adresser à leur délégation en partageant avec eux leur joie ou leur déception, selon le résultat et le ressenti. Mais ils oublient qu’ils s’expriment devant tous leurs adversaires. Mes deux poulains ont commis cet impair en critiquant un peu trop ouvertement une autre délégation. La réaction évidemment partagée de la salle entre notre délégation satisfaite que l’on ait entendu ses craintes et l’autre délégation attaquée les ont laissé un peu scotché. Mais ils s’en sont sortis honorablement. Bon le seul point pénible ça été de rattraper le coup les jours (et mois) suivants, mais quand on veut former quelqu’un, il faut être prêt à assumer les erreurs qu’ils font. En tout cas ce petit exercice avait permis de les lancer dans le grand bain, celui où on identifie les ceux qui sont responsables et qu’on se met à les respecter.

A ce stade j’espérais que ma pouliche viendrait me demander le droit de prendre ma place. Voir s’engage aux élections suivantes sans même me demander mon avis (bon, quand même demandez avant c’est plus sympa si un jour vous êtes dans cette situation). Malheureusement elle a cru que je souhaitais garder mon poste vu le défi qui venait pour l’année suivante et elle n’a pas souhaité me contester. Je ne lui a bien évidemment jamais à l’époque exprimé le souhait que j’avais qu’elle me remplace. Cela aurait été une faute grave. Car un chef doit savoir ce qu’il faut. Il n’a pas à attendre qu’on vienne lui demander s’il veut prendre le pouvoir. Il doit exprimer son envie de présider aux destinées collectives au risque de déplaire. Une question de confiance en soi indispensable sur des postes où l’on vous colle des victoires dont vous n’êtes pas responsables et qui parfois ce sont faîtes malgré vous et bien évidemment où l’on vous impute des échecs qui ne sont pas de votre fait et dont vous avez pourtant amoindri les conséquences. Comment tenir ces situations absurdes dans les deux sens sans être sûr de ce que l’on veut ?

Ma pouliche s’est donc engagée avec mon autre poulain vers d’autres responsabilités dans une autre organisation. Certes nos organisations respectives collaborant souvent ensemble nous avons pu continuer à travailler ensemble.

Pendant ce temps je me suis retrouvé à la tête d’une nouvelle équipe absolument exceptionnelle. Au sein de laquelle ont rapidement émergé certaines têtes qu’il a fallu formé. Et un nouveau poulain d’exception. Un type incroyable qui s’est imposé à la force d’un travail ahurissant, préparant les dossiers avant que les problèmes ne soient évoqués par qui que ce soit en réunion. Une capacité ahurissante à anticiper les problèmes et à les traiter de manière solitaire à un moment où personne ne percutant le problème il ne pouvait espérer que quelqu’un vienne l’aider. Une autorité naturelle aussi hors du commun. Le genre de type agaçant qui sait mieux que vous ce que vous allez faire, mais idéal car il ne cherche pas à en profiter et met toujours son talent au profit du groupe. Tout le monde a vu en lui immédiatement mon remplaçant. Il est devenu un bras droit hors pair ayant la pénible charge de faire respecter les décisions prises auprès de 200 personnes. Devant sa renommée pour le moins méritée, il a fallu tirer les choses au clair. Je lui aie donc demandé d’éclaircir ses ambitions. Si tout le monde le croyait partant pour me remplacer, lui avait clairement fait le choix que non. Il voulait organiser le projet de cette année-ci, et pas un autre. Il avait déjà d’autres projets pour l’avenir dans d’autres structures.

Merde, encore un poulain de perdu.

Fort heureusement, pour la réalisation de notre projet nous avions besoin de nombreux renforts volontaires. Et le hasard faisant bien les choses la personne suivante que j’avais sur ma liste (ma responsable transport de l’époque) avait noué une grosse amitié avec mon ancienne pouliche. Que diantre elles allaient travailler ensemble et faire du bon boulot.

A la conclusion du grand projet que nous avions mené, mon ancienne pouliche est venue me trouvé. Cette fois-ci elle a clairement exprimé son souhait de prendre ma place, malgré son éloignement temporaire de la structure qui l’avait aussi éloignée de toutes celles et ceux qui l’avaient fait vivre. Elle a donc fait la paire avec mon autre pouliche pour se présenter aux élections.

Un dernier usage de l’aura un peu disproportionnée dont je bénéficiais à l’époque pour les aider à remporter ces élections et voilà une équipe composée à 60% des membres de mon écurie et à 40% de petits nouveaux installée.

Une dernière série de formations sur des points techniques et je peux enfin quitter mes fonctions en sachant que je laissais les clés de « mon bébé » en de bonnes mains.

Je ne savais pas alors à quel point j’avais eu raison.

Car rapidement les premiers résultats se sont fait sentir : renforcement de la structure des équipes, mise en place de nouveaux modes de financement, mise en place de nouvelles activités. Les premiers signes ont été pour le moins encourageant.

A la veille de partir pour la grande compétition annuelle l’équipe emmenée par ma pouliche avait déjà réalisé de nombreux exploits : baisse de 30% du prix de la participation malgré une hausse de 10% des coûts pour la structure, hausse de près de 85% du nombre de participants, amélioration sensible des conditions matérielles des équipes. Bref en soi le résultat était déjà très bon, dans la poursuite logique des efforts précédents.

Puis vînt le lundi matin. Je reçois un petit texto. Une victoire triomphale de la délégation à la tête de laquelle j’avais été pendant trois ans. Voilà qui venait confirmer définitivement la réussite de l’année précédente. Mais cela signifiait bien plus avec une réussite dont j’ai moi-même été très loin les années précédentes.

Notre meilleur résultat en extérieur avait été une troisième place sous mon premier mandat. Lors de mon second mandat faisant face à certains évènements très difficiles nous avions fini cinquième. Dans une situation identique l’équipe emmenée par ma pouliche a terminé première.

Incontestablement elle a su me remplacer à merveille. Et bien plus encore elle a su me battre à plate couture.

Dans cette expérience de trois ans c’est certainement la fierté la plus importante que je conserverais. Non pas toutes ces victoires que certains me collent abusivement sur le dos alors qu’en cas d’échec (et on n’est passé pas loin d’un échec cinglant à un moment de l’organisation) ils auraient été les premiers à me fusiller. Mais plutôt toutes ces personnes rencontrées et qui ont fait un travail formidable y compris quand l’espoir d’une réussite et l’émergence d’un échec probable se faisaient jour. Leur volonté de réussir a conduit à de très beaux achèvements. Et parmi toutes ces personnes ma pouliche m’a apporté une énorme satisfaction.

Car ce qui me fait le plus plaisir dans cette aventure ce ne sont pas les résultats sportifs, mais bel et bien le sentiment d’avoir permis et aider à faire émerger une femme d’exception qui a dépassé son maître.

Aujourd’hui je vais donc me voir dans l’obligation d’abandonner ce qualificatif de pouliche pour parler de jument qui n’a vraiment plus besoin d’être formé.

Dans le fond, c’est vraiment quelque chose de très gratifiant que de former quelqu’un et de le voir réussir. Etonnamment plus agréable que la plupart des victoires que l’on peut remporter.

C’est là je crois la principale leçon que je retire moi de cette magnifique expérience. Tout mes vœux de réussite à la miss, mais ça je n’en doute pas.

Posted by titou on avril 16th, 2008

Une école de Virginie enseigne la sécurité sur Internet aux enfants

La sécurité sur Internet, voilà le cours dispensé dorénavant à des enfants des écoles de Virginie.

Une excellente chose quand on sait que 13% des enfants de 10 à 17 ans on reçu des avances sexuelles non sollicitées et même 4% ont reçu des sollicitations explicites à envoyer des photos d’eux nus selon le National Center for Missing and Exploited Children.

La bonne idée de cette politique mise en œuvre par l’Etat de Virginie tient essentiellement dans son double volet. D’une part les écoles offrent cette formation directement à leurs élèves en leur rappelant les règles élémentaires de la bonne navigation sur le Web. Et d’autre part elles forment aussi les parents à correctement surveiller les activités en ligne de leurs chérubins.

            Les conseils prodigués sont plutôt intéressants et méritent d’être rappelés ici pour toutes celles et tous ceux qui n’habitant pas la Virginie souhaitent quand même protéger leurs enfants :

Quels discours tenir à ses enfants sur la sécurité en ligne

1°) Demandez-leur de ne jamais rencontrer dans la vie réelle quelqu’un qu’ils ont rencontré sur le Web. Malheureusement si vous-même vous avez rencontré votre chère et tendre moitié sur un site de rencontre en ligne ce discours ne risque pas de bien passer. Dans ce cas la solution n’est pas proposée et si quelqu’un a une bonne idée de réponse, je suis preneur.

2°) Apprenez-leur qu’Internet conserve des informations faciles à retrouver des années après. Ainsi leurs beuveries pourraient leur coûter cher le jour de trouver un emploi ou d’intégrer une école prestigieuse, et leur première sex tape faîte à l’adolescence pourrait bien les laisser ensuite célibataire jusqu’à 30 ans….

Ensuite comment en tant que parent bien surveiller ce que font les enfants en ligne ?

1°) Premier conseil là encore évident : installer un logiciel de contrôle parental.

2°) Deuxième conseil moins évident : installer l’ordinateur utiliser par les enfants dans une pièce commune du foyer. Comment ça vous pouvez jeter un œil sur ce qu’ils font pendant que vous repassez et regardez la TV. Ah être parents à l’ère numérique, il faut être multi-tasks.

            Pour plus d’infos sur cette news je vous conseille la lecture de cet article de Mashable (en anglais) qui fournit en plus pas mal de liens intéressants.

Posted by titou on avril 8th, 2008

Matinale du mardi 8 avril 2008

Voilà, c’est une première sur Titousworld. Je profite d’une grosse crève qui m’empêche de travailler comme je le voudrais pour faire un premier test sur un projet qui me tient à cœur : le lancement de la Matinale. L’objectif de la matinale est d’aider les femmes et les hommes pressés à suivre l’actualité High-Tech en un temps rapide.

Fondamentalement je vais essayer d’effectuer chaque jour une revue de presse des blogs High-tech pour fournir un court résumé des informations les plus essentielles avec un lien vers un article plus approfondi.

Donc voilà la première matinale.

Microsoft fixe un ultimatum, à Yahoo pour accepter son OPA. Yahoo devra accepter cette offre dans les trois semaines sinon Microsoft entamera on proxy contest. Yahoo répond immédiatement en rejetant cette offre mais précise que ce n’est plus qu’une question de prix .


Parallèlement à ce combat, Microsoft vient d’en perdre un autre face à Alcatel-Lucent en justice et devra payer une amende de 367,4 millions de dollars pour avoir utiliser deux de ses logiciels sous licence. Une affaire vieille de 2003.

 

 

Facebook lance deux nouvelles fonctionnalités : une messagerie instantanée, mais limitée à certains networks pour le moment et la possibilité de bloquer les invitations pour des applications venant d’amis. Voilà de quoi limiter les sollicitations excessives de certains amis.

 

 


Dans le même temps Facebook résoudrait aussi certaines de ses problèmes en justice. Connect-U a attaqué cet automne Facebook accusant Mark Zuckerberg de les avoir plagié après que ce dernier ait travaillé pour Conect-U. Selon le New York Times un accord entre les sociétés aurait été trouvé. Une information à confirmer donc.

 

 

L’Union Européenne autorise l’utilisation des téléphones mobiles dans les avions en définissant les règles techniques d’utilisation. Les expérimentations de Air France et Emirates Airlines devraient donc rapidement conduire à l’entrée des téléphones dans les avions.

 

 

Joost annonce une forte restructuration de son service. Le service de diffusion d’émissions TV sur le Web a décidé d’abandonner une diffusion mondiale pour se concentrer sur le seul marché US. Une mauvaise nouvelle pour les amateurs de TV sur le net en Europe. Joost adopte donc la même stratégie que Hulu sorti récemment.

 

 

Bonne nouvelle en revanche pour les amateurs de cinéma. Orange lance un bouquet payant de chaînes cinéma et séries qui sera diffusé aussi bien sur le Web que sur les mobiles. Bientôt Apocalypse Now sur son mobile dans le tram ?

 

 

Un couple attaque Google Street View pour violation de leur vie privée car le service a diffusé des images de leur maison sur Internet. Google se défend en indiquant que si les plaignants en avaient fait la demande les images auraient été retirées. Mais les plaignants se plaignent de la diffusion des images avant leur retrait. S’ils venaient à gagner leur procès cela constituerait un gros coup de massue pour google Street View qui devrait à l’avenir l’autorisation des propriétaires avant de diffuser les images. Bref, le service mourrait certainement. A suivre donc.

 

 


Flowplay lance ourWorld, un monde virtuel pour les Tweens, c’est-à-dire les jeunes de 8 à 12 ans. On continue donc dans la tendance à l’adaptation des services populaires vers les plus jeunes.

 

 

 

Et pour finir cette première matinale un petit coup de cœur pour cette news trouvée chez Mashable. Une bloggeuse a décidé de parcourir les Etats-Unis pour rencontrer les gens qui sont venus commenter sur son blog. Elle compte organiser différentes rencontres et dormir chez des gens d’abord rencontrer virtuellement. Un beau conte passant de la rencontre virtuelle à la rencontre réelle. Cela me rappelle beaucoup les 7wonders de Noel Hidalgo que j’ai eu l’occasion d’interviewer lors du Lift 2008. Un peu de rêve pour finir donc…

Posted by titou on avril 7th, 2008

[Mobuzz speciale] La semaine spéciale est finie

            Voilà, ça y est, la semaine spéciale Mobuzz est terminée. Bon, OK ça n’a pas vraiment été une semaine, mais bon c’est pas ma faute (enfin si vu que je suis responsable d’avoir pris un FAI tout moisi, mais bon).

            On va pouvoir reprendre de sposts plus classiques sur titousworld.

            En attendant, j’aimerais remercier une dernière fois toute l’équipe de Mobuzz pour cette invitation et cette découverte des nouveautés de Mobuzz. Bonne chance à eux pour la suite.

Posted by titou on avril 4th, 2008

[Mobuzz speciale] Une journée à Mobuzz Part V: Les présentatrices n’en sont pas

                Au final de cette journée, la conclusion est simple : les présentatrices de Mobuzz n’en sont pas.

            Quand j’ai découvert Mobuzz, j’ai d’abord pensé qu’Osiris était la nouvelle miss Météo de la High-Tech. Ravissante, mais juste capable de lire un prompteur.

            Il y a quelques mois j’ai découvert par hasard qu’elle écrivait elle-même ses scripts. Je souhaitais alors féliciter le rédacteur secret et lui avait demandé le nom pour pouvoir transmettre mes félicitations. Elle m’avait déjà cassé en m’apprenant qu’elle était à l’origine des dits scripts.

            Mais là j’ai découvert beaucoup plus. Entre un travail de documentation, de sélection éditoriale, de rédaction, d’enregistrement et d’illustration c’est tout le panel fondamental du journalisme qui y passe. A quoi il faut rajouter la dimension 2.0 avec la lecture des mails et commentaires. Et tout cela fait par une seule personne.

            On est loin des TF1 et autres France Télévisions et de leurs cohortes de documentalistes, scénaristes, présentateurs illustrateurs et de tous leurs assistants. Et quand on pense au nombre d’erreurs que l’on peut entendre sur ces chaînes… C’est tout simplement époustouflant le travail accompli par chaque « présentatrice » de Mobuzz. Félicitations à elles.

            Du coup je ne sais pas comment les qualifier. Journaliste ? J’aime bien conserver ce terme pour le seul journalisme d’investigation (j’ai énormément de mal à attribuer ce terme à ceux qui se contentent de réécrire les dépêches de l’AFP) Présentatrice ? Le mot est nettement trop réducteur par rapport au travail accompli.

            Quand on pense en plus qu’à la base Osiris n’a ni une formation de journaliste, ni de connaissances en terme de High-Tech, tout cela force le respect et l’admiration. Je ne saurais les exprimer correctement ici, mais n’en pense pas moins.

Posted by titou on avril 4th, 2008

[Mobuzz speciale] Une journée à Mobuzz Part IV: Un speech, un visage rayonnat, mais rien n’est fini

                   Il est temps de faire un bilan à ce stade : on a un speech bien rôdé qui a été porté à l’écran par un ravissant visage. Le travail est loin d’être fini (je me disais aussi, finir à 13h30, je veux venir bosser ici moi, mais bon c’est pas le cas, le boulot n’est pas fini).                                                                                                            

            Car pendant que les équipes techniques assurent le montage, Osiris s’attaque à u nouveau job : chercher les illustrations du show. Et là c’est funky. Bon on passera sur la présentation du logiciel, mais pas sur le travail humain. Car pour un sujet moyen il faut trouver en moyenne 4 illustrations et ce pour 6 sujets. Pas facile de trouver des idées. Je me suis prêté un peu au jeu, mais sans grand succès. Car tout cela est un art pas si évident. Tout d’abord il faut découper chaque sujet en période d’illustration cohérente, bref définir à quels moments du texte il va falloir passer d’une illustration à une autre.

Ensuite, il faut une base d’imagination pour imaginer quelque chose qui puisse illustrer. Puis le chercher sur le Web. Mais là encore quand une image est trouvée la sélection mérite encore un peu d’attention. Car j’ai personnellement flashé sur une image concept. Mais Osiris m’a finalement arrêté. Oui l’idée était bonne, mais pas forcément évidente pour le téléspectateur. C’est à ça que l’on reconnaît un bon journaliste. Il ne cherche pas à présenter l’info d’une façon qui lui plaise, à la faire vivre selon son propre trip, mais à se mettre à la place de celles et ceux qui la reçoivent. C’est précisément ce qu’a fait Osiris. Du bon boulot. J’avais oublié que l’essentiel est de transmettre un message et donc de s’adapter à celles et ceux qui le reçoivent, pas Osiris. Très pro donc.

            Une fois une image adaptée trouvée, le boulot n’est pas fini. Car il faut faire face au taux de rebond classique sur le Web : les images ne sont pas toujours de qualité suffisante et il faut tout recommencer.

            Enfin, une bonne image arrive. Il faut alors choisir sa présentation : en grand dans le fond ou en petit sur le côté. Cette variation affecte carrément la sensation de dynamisme du show.

            Et c’est là un autre point sur lequel j’ai été bluffé. Par sur le coup, mais en voyant le show le lendemain. Car je me suis montré très sceptique quand au choix réalisés par Osiris. Je me suis dit qu’elle était folle et qu’il y avait beaucoup trop d’illustrations. Que ça allait aller trop vite. Mais non, tout passait très bien. J’aurais presque eu envie de rajouter deux illustrations même. C’est là je crois une des grandes difficultés de ce travail. Il faut à partir du seul texte (et oui, la vidéo elle-même est en cours de montage et il n’est donc pas possible de la prendre comme base de travail) être capable de bien imaginer le temps que l’énonciation de ce texte ou bout de texte va prendre à l’écran. Et donc se représenter le temps que l’image va apparaître. C’est vraiment dur. Il faut une véritable horloge dans la tête. Et une bonne connaissance de son propre débit.

            Une fois tout cela trouvé, la dernière étape du travail consiste à indiquer aux monteurs à quel mot débute une illustration et à quel mot elle s’arrête. Une façon simple de conclure le travail.

            Bref, une fois ce petit processus réalisé 24 fois d’affilée en à peine plus d’une heure, il est temps de passer à la mise en place des liens et au sous-titrage de la vidéo. Pas vraiment le plus marrant pour finir la journée.

Posted by titou on avril 4th, 2008

[Mobuzz speciale] Une journée à Mobuzz Part III: L’enregistrement

            Avant l’enregistrement Osiris m’explique le premier problème du jour. La demoiselle s’est en effet couchée la veille avec les cheveux mouillés. Ce qui crée quelques cheveux rebelles « électrisés » au moment de l’enregistrement. Et donc de vraies difficultés pour le traitement de l’image ensuite avec des cheveux qui ne peuvent pas être aplatis lorsqu’il faut rajouter les images de fond. Je n’aurais jamais pensé à ça…

            La suite de l’enregistrement a été une découverte totale. Je connaissais bien le coup du fond vert qui permet ensuite d’incruster les illustrations du show, mais rien au reste. J’ai toujours cru que le prompteur était situé à côté de la caméra. Mais là grosse surprise. Osiris me présente le portable sur lequel est inscrit le texte qu’elle vient d’achever de rédiger : tout est à l’envers ! Je ne comprends pas. Jusqu’à ce qu’elle pose l’ordi sous la caméra. Et là tout s’éclaire : la caméra est équipée d’un miroir, ce qui permet aux présentatrices de lire le texte directement en regardant l’objectif de la caméra. C’est génial et tellement simple à la fois.                                                                                                  

            Mais manque de bol, en venant j’ai amené de mauvaises ondes et le logiciel plante. Bref, Martin le réalisateur remet tout en place et l’enregistrement débute.

            Nouvel échec. Car depuis maintenant 9 mois la banque du dessus est en travaux et le bruit des marteaux piqueurs n’est pas vraiment ce que l’on souhaite entendre le plus. Le pire est même survenu quand Osiris a réussi d’une traite un sujet long et pénible (à prononcer) pour être coupée à 10 secondes de la fin… De quoi mettre Martin profondément en colère. Il quittera le studio deux fois pour aller demander quelques minutes de répit aux ouvriers. C’est terrible comme conditions de travail. Cela ne leur permet pas de faire plus d’une ou deux prises. En gros, pour un show de 5 minutes, la durée d’enregistrement n’excède pas les 12 – 13 minutes. Un timing franchement serré qui ne laisse pas beaucoup de droit à l’erreur.

            Pas mal de choses m’ont surprise au cours de cet enregistrement et le comportement d’Osiris n’a pas été le moindre. A chaque pause elle se recoiffe et se concentre sur le sujet suivant. Cela est palpable sur son front qu’elle fronce en permanence. Mais dès que la caméra tourne, que le texte défile et que Martin donne le signal de top, ses traits se transforment complètement pour laisser place à un sourire ravageur et une mine resplendissante. Le visage sublime qui nous réveille le matin. C’est saisissant. Un peu comme une chrysalide qui se transformerait en quelques secondes en papillon plusieurs fois de suite. Impressionnant.

            Un vrai cours de présentation professionnelle. Heureusement car après cette performance c’était à mon tour de m’y coller juste pour l’intro. Pas simple comme situation. En plus l’éclairage dans les yeux n’est pas simple à gérer et regarder la caméra n’est pas aussi simple que regarder un caméscope. Déjà, il n’y a personne derrière. Et deuxièmement la bête fait peur avec cet énorme œil dans lequel un rose fuyant se réfléchit. Ça donne l’impression d’être épié par un fauve venu d’ailleurs.

            En plus de ça, Osiris me challenge (je crois que j’ai senti une pointe de vengeance dans son ton suite à certaines de mes critiques : la vengeance est un plat qui se mange froid !) : « attention, il ne faut pas bouger dans tous les sens ! ». Et là aussi c’est pas si simple tant la tentation de s’exprimer avec les mains et tout le corps est forte. Et même avec une forte répression, le résultat n’était pas bon.

            En tout cas cette expérience m’a confirmé dans mes convictions concernant les intros de Mobuzz : j’aime pas quand elles diffèrent du traditionnel « Bonjour, moi c’est Osiris, on est le lundi tant, et vous êtes sur Mobuzz pour votre dose d’info quotidienne ». C’est quelque chose que j’avais déjà ressenti lors de tentatives d’intros un peu spéciales. Mais là quand je me suis vu, j’ai été sûr de ce choix. Même quand on le fait soi-même ce n’est pas simple de faire une bonne intro. Pire, l’intro c’est un peu comme la couverture des livres de la bibliothèque rose. Le contenu peut varier, mais la couverture doit toujours être la même. C’est ce qui permet de se rassurer et de se mettre dans le bain. Un peu un rituel apaisant. Bref, me voir faire l’intro m’a convaincu que je venais de faire une connerie. Désolé pour celles et ceux qui ont perdu leur petit plaisir matinal par ma faute. Promis je le referais plus.

Posted by titou on avril 4th, 2008

[Mobuzz speciale] Une journée à Mobuzz Part II: Je n’ai pas tout vu

            En début d’après-midi Osiris a déjà fini une bonne partie du travail : elle a déjà lu ses flux RSS et rédigé les scripts des différents sujets.

Et elle passe à l’étape suivante : le maquillage. Qui précède le temps fort de la journée : l’enregistrement auquel j’ai pu doublement participé.

Posted by titou on avril 4th, 2008

[Mobuzz speciale] Une journée dans les studios de Mobuzz Part I: Inside Mobuzz

            Lors de la soirée de présentations des nouveautés de Mobuzz, plusieurs membres de l’équipe m’ont gentiment invité à venir passer le lendemain dans les studios pour voir comment était réalisé un show.

            C’est donc ce travail de construction d’un show que je vous invite à découvrir. Avec l’aide précieuse de la petite blatte qui m’a offert la possibilité de la suivre.

            C’est donc à un vis ma vie d’Osiris que je vous invite.

            J’arrive en début d’après-midi aux studios de Mobuzz. Ceux-ci sont situés dans un quartier particulièrement magnifique. Mais les studios sont assez discrets de l’extérieur. Seul un vieux panneau défraîchi indique l’entrée de l’escalier qui mène au sous-sol, lieu des studios.

            L’entrée est agrémenté d’un panneau avec des membres de l’équipe représentés sous forme de legos le tout dans un style Andy Warhol. Sympa.

            Paul me fait un petit tour du propriétaire. Je suis étonné de l’exiguïté des lieux. Mobuzz c’est tout petit : un studio d’enregistrement, une salle de maquillage qui sert plus ou moins de KJBI, un bureau de montage, le bureau d’Anil et un petit open space équipé tout en Mac (voilà comment se sentir intrus en apportant un PC….).

            Je découvre en vrai le résultat des travaux du studio d’enregistrement que j’avais aperçu sur le Qik d’Anil. Et j’en comprends la nécessité : le précédent studio devait être vraiment minuscule à voir les marques de son ancienne emprise au sol.

            Mais les lieux sont ensoleillés, et le bâtiment possède une charmante petite cour avec une piscine. Un environnement propice au travail.

Posted by titou on avril 4th, 2008

[Mobuzz speciale] Conclusion finale sur le nouveau Mobuzz

            Le nouveau design obtient un 11/20 général. Pour une version bêta c’est pas mal. Globalement le site est mieux adapté au Web qu’avant et plus convivial en terme de design. La nouvelle newsroom est plutôt réussie, et n’a pas besoin de subir de profonds changements. La saisie est simple et la lecture plutôt agréable. Reste à savoir avec quelle qualité les news postées seront intégrées dans les shows.

            Par contre les critiques se portent incontestablement sur la navigation rendue complexe par le fait qu’on ne revient presque jamais facilement sur une page que l’on quitte. Et le gros, mais alors très gros point noir demeure la gestion de la relation communautaire et ce encore plus dans le cas du très isolé show en français : entre l’absence de traduction, le renvoi sur la newsroom anglaise et des groupes communautaires tout en espagnol, on reste dans un cadre d’une incroyable fragilité. Bref, on a quand même l’impression que le public français reste sacrifié pour assurer le bon fonctionnement des autres shows plus anciens. Je ne suis pas convaincu que ce soit la meilleure stratégie pour un show en phase de lancement sur un public particulièrement difficile. Enfin, on verra bien.

            Donc félicitations à l’équipe pour cette première version bêta plutôt pas mal et très prometteuse. En espérant que les promesses se concrétiseront (à mon avis ce nouveau design a un potentiel de 16/20 alors 5 points encore à prendre.)

Posted by titou on avril 4th, 2008