[Mobuzz speciale] Se préparer pour une soirée

            Mardi 04 mars 2008 15h30 :

            C’est donc épuisé que je rejoins mon hôtel dans le centre de Madrid. Les vêtements débraillés, le vieux sac de voyage à moitié détruit et le visage creux, voilà comment on réussit son entrée dans un hôtel de luxe largement au-dessus de ses moyens. L’hôtel m’avait été conseillé sûrement pour me mettre dans l’ambiance de la soirée : chic et classe. Il faut bien imaginer le truc : musique dans la salle de bain, hammam, téléphone dans les toilettes (si si c’est vrai, même si je n’ai pas très bien compris à quoi ça sert). ET must du must, un contrôle du niveau de luminosité des pièces. Avec un espèce de bonheur génial : j’arrive, j’appuie sur la touche « Relax » pour me détendre un peu, la lumière s’abaisse pour créer une tendre ambiance intimiste. Et dans le même temps la télé s’allume et diffuse… « Relax » de Mika ! Ca c’est la classe portée à son plus haut niveau. Bref, j’ai vite compris que j’avais intérêt à me changer et à m’adapter vite fait.

            Mardi 04 mars 18h30 :

            La soirée démarre dans une heure, j’ai eu le temps de prendre mon premier et unique repas de la journée. Ouf, je devrais pouvoir tenir toute la nuit  s’il le faut. On m’a dit que les espagnols étaient d’incurables fêtards. Ca va, pendant trois ans j’ai cru qu’une soirée ne pouvait pas s’arrêter avant 8h00 le lendemain matin. Mais maintenant le problème est de trouver où se tient cette soirée. Et d’y arriver à l’heure.

            Un taxi s’arrête. Je donne l’adresse au chauffeur : « es aqui » qu’il me dit. Je ne comprends pas. Pourquoi ne démarre-t-il pas ? Je vais être à la bourre moi. Faut qu’il se magne.

            Je viens de lui donner l’adresse de l’hôtel. Evidemment il ne risquait pas de me mener bien loin. Je retrouve l’adresse de la soirée et la lui tend. Je lui demande « es loin ? » - Si, si. Et là je comprends que je vais être en retard. Tant pis. Je vais pouvoir en profiter pour réviser un petit speech d’introduction en espagnol qu’une amie m’avait préparé. Au moins je ne passerais pas complètement pour un bouffon.

            Mardi 04 mars 18h51 :

            Le taxi s’arrête. Déjà. Madrid en fait quelque part c’est plus petit qu’une ville de province en France. On n’a pas le temps de travailler dans les transports. Je suis déjà devant le » » » » » » » » » » » » » » où se tient la soirée. Et je n’ai même pas encore sorti mon petit papier. Il va falloir improviser. J’avais peur d’être en retard, je suis en avance. Le coin à l’air vraiment sympa. Les rues semblent seulement commencer à s’animer. Le bâtiment a l’air sympa, mais le taxi m’a déposé trop prêt de l’entrée pour que j’aie le temps de l’admirer. Je ne vois que l’entrée. Et ses deux garde. J’ai l’impression d’être Emile dans la Cité de la peur avant la montée des marches à Cannes. J’ai exactement le même angle de vue que celui emprunté dans cette scène.

            Je monte les marches, mais aucune vielle femme ne descend son caddie. Aucun homme élégant ne sort de bananes de sa veste. Et les gardes me laissent passer.

            J’aperçois les traditionnelles charmantes demoiselles de l’entrée qui se tiennent devant un panneau avec plein de logos de Mobuzz. Pourvu qu’elles parlent anglais ou français, parce que jusqu’ici mes essais n’ont pas été très concluants ? Je n’aurais pas le temps de trouver une réponse. La première personne sur laquelle je tombe est la ravissante Olivia, la présentatrice de la version anglaise. YEEEEEEEEEEEEEEEEES ! Je vais pouvoir parler anglais, si ça c’est pas la classe. Après un geste d’étonnement, elle me regarde et me fait un énorme sourire. Manifestement elle m’a reconnu. Comment elle a fait je ne sais pas, mais elle l’a fait. Elle me propose de la suivre pour aller à la rencontre du reste de l’équipe. J’ai quand même le temps de jeter un coup d’œil à droite et à gauche et de savourer la déco. C’est assez smart, dans des tons rouges et noirs. J’aime bien les petits fauteuils que j’aperçois avant de monter les escaliers.

            Arrivés sur un plateau agrémenté d’un bar qui surplombe la salle où se déroulera la soirée, j’aperçois la presque totalité des membres de l’équipe. Cela fait bizarre de voir en vrai des gens que l’on voit tous les jours sur un écran et avec lesquels on a parfois échangé par mails. Et je suis profondément marqué par un fait inhabituel.

            En politique on est toujours déçu de rencontrer quelqu’un après l’avoir vu à l’écran. La caméra rend toujours le politique plus beau qu’il ne l’est. Je m’attendais donc à cette déception largement acquise dans mon esprit. Mais là je peux affirmer que la caméra de Mobuzz ne rend pas justice à la beauté de ses présentatrices. Les quatre sont nettement plus jolies en vrai qu’à la télé.

            Osiris me ressaisis en m’accueillant de quelques paroles dont je ne me souviens pas. Je réalise d’un coup qu’il est temps d’entamer la conversation. Une sensation toujours étrange que je ressens quand je voyage. Entre les heures de préparation la veille, le voyage, l’arrivée à l’hôtel et la préparation sur place, je finis par lentement me glisser dans un état d’inconscience vivante. Je vis, mange, parviens à sortir les quelques mots qui montre au monde qui m’entoure que je vis bien, mais je n’arrive pas à comprendre ce qui se passe. Je me laisse porter complètement par les évènements. Présent physiquement, mais absent par l’esprit. L’état de l’écolier qui s’ennuie sur son banc. Et soudain la cloche libératrice sonne tirant le pauvre enfant de ses rêves anodins et lui donnant une envie de croquer la vie. Ma libération est venue des quelques mots d’Osiris. L’éveil au monde mobuzéren du petit Titou.

            Un regard tournant pour visualiser les visages et savoir dans quel ordre je veux aller dire bonjour à tout le monde. Et c’est parti. L’équipe est super sympa, le contact presque naturel. Plus aucun problème pour les visages que je connaissais déjà. J’ai remplacé dans mon esprit l’image de la caméra par l’image en vrai. Tant mieux. Ces images sont tellement plus belles. Quand je vous disais que je me sentais comme l’écolier rêveur du fond de la classe. J’ai été sage. J’ai reçu non pas une, mais quatre belles images. La classe. Je découvre de nouveaux visages et tout se passe bien. Je prends des notes dans un petit coin de ma tête : qui parle anglais ? Qui parle français ? En plus je me rends compte que des mégots traînent dans un cendrier. La question fuse : « on peut fumer ici ? » D’un oui franc Osiris me sauve la vie une nouvelle fois. Enfin une bonne clope au chaud dans un endroit où je me sens bien et à l’aise. Il n’est que 19h et la soirée ne commence vraiment que dans une heure.

            J’étais arrivé en avance car je ne voulais surtout pas arriver en retard. L’occasion unique de discuter un peu avant le début officiel de la soirée.

Posted by titou on avril 4th, 2008

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