[Mobuzz speciale] Une journée à Mobuzz Part III: L’enregistrement
Avant l’enregistrement Osiris m’explique le premier problème du jour. La demoiselle s’est en effet couchée la veille avec les cheveux mouillés. Ce qui crée quelques cheveux rebelles « électrisés » au moment de l’enregistrement. Et donc de vraies difficultés pour le traitement de l’image ensuite avec des cheveux qui ne peuvent pas être aplatis lorsqu’il faut rajouter les images de fond. Je n’aurais jamais pensé à ça…
La suite de l’enregistrement a été une découverte totale. Je connaissais bien le coup du fond vert qui permet ensuite d’incruster les illustrations du show, mais rien au reste. J’ai toujours cru que le prompteur était situé à côté de la caméra. Mais là grosse surprise. Osiris me présente le portable sur lequel est inscrit le texte qu’elle vient d’achever de rédiger : tout est à l’envers ! Je ne comprends pas. Jusqu’à ce qu’elle pose l’ordi sous la caméra. Et là tout s’éclaire : la caméra est équipée d’un miroir, ce qui permet aux présentatrices de lire le texte directement en regardant l’objectif de la caméra. C’est génial et tellement simple à la fois.
Mais manque de bol, en venant j’ai amené de mauvaises ondes et le logiciel plante. Bref, Martin le réalisateur remet tout en place et l’enregistrement débute.
Nouvel échec. Car depuis maintenant 9 mois la banque du dessus est en travaux et le bruit des marteaux piqueurs n’est pas vraiment ce que l’on souhaite entendre le plus. Le pire est même survenu quand Osiris a réussi d’une traite un sujet long et pénible (à prononcer) pour être coupée à 10 secondes de la fin… De quoi mettre Martin profondément en colère. Il quittera le studio deux fois pour aller demander quelques minutes de répit aux ouvriers. C’est terrible comme conditions de travail. Cela ne leur permet pas de faire plus d’une ou deux prises. En gros, pour un show de 5 minutes, la durée d’enregistrement n’excède pas les 12 – 13 minutes. Un timing franchement serré qui ne laisse pas beaucoup de droit à l’erreur.
Pas mal de choses m’ont surprise au cours de cet enregistrement et le comportement d’Osiris n’a pas été le moindre. A chaque pause elle se recoiffe et se concentre sur le sujet suivant. Cela est palpable sur son front qu’elle fronce en permanence. Mais dès que la caméra tourne, que le texte défile et que Martin donne le signal de top, ses traits se transforment complètement pour laisser place à un sourire ravageur et une mine resplendissante. Le visage sublime qui nous réveille le matin. C’est saisissant. Un peu comme une chrysalide qui se transformerait en quelques secondes en papillon plusieurs fois de suite. Impressionnant.
Un vrai cours de présentation professionnelle. Heureusement car après cette performance c’était à mon tour de m’y coller juste pour l’intro. Pas simple comme situation. En plus l’éclairage dans les yeux n’est pas simple à gérer et regarder la caméra n’est pas aussi simple que regarder un caméscope. Déjà, il n’y a personne derrière. Et deuxièmement la bête fait peur avec cet énorme œil dans lequel un rose fuyant se réfléchit. Ça donne l’impression d’être épié par un fauve venu d’ailleurs.
En plus de ça, Osiris me challenge (je crois que j’ai senti une pointe de vengeance dans son ton suite à certaines de mes critiques : la vengeance est un plat qui se mange froid !) : « attention, il ne faut pas bouger dans tous les sens ! ». Et là aussi c’est pas si simple tant la tentation de s’exprimer avec les mains et tout le corps est forte. Et même avec une forte répression, le résultat n’était pas bon.
En tout cas cette expérience m’a confirmé dans mes convictions concernant les intros de Mobuzz : j’aime pas quand elles diffèrent du traditionnel « Bonjour, moi c’est Osiris, on est le lundi tant, et vous êtes sur Mobuzz pour votre dose d’info quotidienne ». C’est quelque chose que j’avais déjà ressenti lors de tentatives d’intros un peu spéciales. Mais là quand je me suis vu, j’ai été sûr de ce choix. Même quand on le fait soi-même ce n’est pas simple de faire une bonne intro. Pire, l’intro c’est un peu comme la couverture des livres de la bibliothèque rose. Le contenu peut varier, mais la couverture doit toujours être la même. C’est ce qui permet de se rassurer et de se mettre dans le bain. Un peu un rituel apaisant. Bref, me voir faire l’intro m’a convaincu que je venais de faire une connerie. Désolé pour celles et ceux qui ont perdu leur petit plaisir matinal par ma faute. Promis je le referais plus.